Le point de départ n'est pas un écran, c'est un robot. Pendant sept ans chez Aldebaran, la question n'était pas « où placer ce bouton » mais « comment une machine peut-elle se rendre compréhensible à quelqu'un qui ne l'a jamais vue ». Concevoir pour un corps dans l'espace, dans une gare bruyante, oblige à penser l'interaction avant l'interface.
Ce terrain a laissé deux héritages. Le premier est le design conversationnel : les états d'incertitude, la reprise en main humaine, ce qui se passe quand la machine se trompe. Tout cela pratiqué bien avant que les LLM ne rendent le sujet courant. Le second est le son : la voix et le sound design faisaient partie du travail, et c'est resté une pratique personnelle, sous le même nom, en musique.
Les années suivantes ont ajouté l'échelle. Le Crédit Agricole a imposé la rigueur des design systems opérés par des dizaines d'équipes. iPify et Highlight ont ajouté la contrainte du SaaS B2B dense et du multi-marques. Ofelia a fermé la boucle : un assistant IA à concevoir de zéro, et un mode de travail où le design ne s'arrête plus à la maquette.
C'est le point d'arrivée actuel : supprimer le hand-off. Les composants sont implémentés directement dans le dépôt, les Pull Requests sont ouvertes par le designer et revues par un développeur front. Il n'y a plus de traduction entre l'intention et l'implémentation, donc plus de perte.